La semaine du 26 octobre marquera la seconde baisse
hebdomadaire consécutive du CAC40 sur le mois, il perdra sur la semaine 5.27% dont 2.81% sur la seule séance du vendredi 30 (graphe du bas, encadré 1). Les investisseurs ont massivement jugé les
données macro-économiques de façon mitigée notamment celles provenant du secteur immobilier, des dépenses des ménages en léger recul ou bien encore de la baisse de confiance des ménages
américains. Pour la France, la confiance est plutôt en hausse. De fait, les opérateurs auront, à l’évidence, préféré couper leur position en hausse, chacun espère à cet instant que les prises de
bénéfices ou la spéculation à la baisse ne s’accentueront pas davantage. Il est à noter toutefois que le CAC40 avait enregistré une très forte progression entre mi-juillet et mi-octobre qui lui
avait permis de gagner plus de 30% (graphe ci-contre). Ainsi, si la correction entamée depuis le 20 octobre semble importante, elle est encore raisonnable au vu des précédents rallyes
haussiers.
Techniquement, le comportement correctif des marchés n'a rien de singulier car il est à noter qu'après un tel rallye haussier s'ensuit assez naturellement (et fort heureusement) un phénomène de
"Pull Back" (retour vers un support significatif).
Le début de semaine sera également mitigé (graphe du haut, encadré 2), la prudence est de mise après la mise en faillite de CIT Group, le leader américain du
financement des petites et moyennes entreprises. Mais ce sentiment laissera place à plus de sérénité. En effet, les investisseurs prendront du recul, ils se concentreront sur cette procédure «
pré-arrangée » qui permettrait en principe d'accélérer la restructuration du bilan en vue d'une sortie du chapitre 11 d'ici la fin de l'année.
Néanmoins, à cet instant les inquiétudes restent palpables car malgré une timide percée lundi vers les 3700 points l'indice ne réussira pas à clôturer au dessus de ses plus bas de vendredi 30
octobre. Les investisseurs semblent continuer à faire preuve de prudence et même si les indicateurs techniques affichent des positions "survendues" le risque de la poursuivre du mouvement
baissier reste donc bien présent. Les velléités vendeuses seront accentuées par les bancaires. En effet, lundi matin UBS annonce des pertes plus lourdes que prévu, c'est son quatrième trimestre
de perte consécutive. Par ailleurs, RBS a dévoilé un accord avec le gouvernement britannique fixant les termes de sa participation au programme de protection d'actifs. Le montant d'actifs
couverts est réduit de 325 à 282 milliards de livres, RBS devra prendre en charge les pertes jusqu'à 60 milliards de livres, contre un seuil maximal précédemment fixé à 42 milliards. Ces annonces
entraîneront les marchés vers le bas (graphe du haut, encadré 3) proche du support significatif des 3535 points constitué le 2 septembre dernier (graphe du bas, flèche bleue).
C’est à partir du milieu de semaine que les opérateurs ont pris connaissance de nombreuses publications macro-économiques qui influenceront largement l’évolution
des marchés. En effet, malgré de fâcheuses annonces telles que la baisse des prix à la production industrielle de 0,4% dans la zone euro et de 0,7% dans l'UE en septembre et l'indice ISM des
services américains qui recule en octobre lequel ressort néanmoins supérieur à 50 et indique donc une activité encore en expansion. Les investisseurs repartiront vers des achats à bon compte. Ils
préféreront saluer les publications encourageantes sur :
• la hausse des indices PMI de l'activité globale en zone Euro et en France qui signalent une expansion de l'activité globale du secteur privé pour le troisième mois consécutif,
• les améliorations dans le secteur de l’emploi avec le baromètre ADP qui affiche un ralentissement des suppressions d’emploi et une baisse des nouvelles demandes d'inscriptions au chômage
aux US.
Les marchés retrouveront ainsi des couleurs, ils finiront en forte hausse (graphe du haut, encadré 4) avec une progression continue sur le reste de la semaine, soulignant le retour marqué de la
pression acheteuse. Seules les dernières heures de la semaine marqueront une évolution en demi-ton avec l’annonce officielle du taux de chômage US porté à 10.2% alors que le consensus attendait
9.9%. Les investisseurs avaient déjà intégré, à l’évidence, un tel scénario.
Ce mouvement de rebond traduit-t-il la fin du « Pull Back » (mouvement correctif) ?
Force est de constater
que la plupart des fonds de gestion renforcent progressivement le poids des actions dans les portefeuilles estimés sous investis ou investis trop prudemment. En effet, ils considèrent que les
actions ne sont pas encore surévaluées. Les plus prudents répartissent actuellement de façon équilibrée leurs stratégies d’investissement entre les secteurs à « bonne » visibilité tels que les
services publics, les médias, les télécommunications, la consommation, la santé et les secteurs plus cycliques ou en retard tels que les assurance, la construction, le tourisme/les loisirs, les
biens et services industriels qui a priori sont encore propices à des opérations de Trading.
Toutefois, il est à noter que l’obstacle aux marchés pour 2010 sera le retrait des politiques de soutien et de stimulation monétaire. Sur ce point, la politique de sortie de crise sur le plan
monétaire semble afficher des signes de mouvements. En effet, il apparaît évident après les publications des deux derniers trimestres que la situation économique et financière s'oriente vers une
stabilisation, Crédit Agricole Asset Management souligne que sur les 52% des entreprises du S&P (les plus grosses cotations du marché américain) ayant déjà publié, 82% des sociétés affichent
des résultats supérieurs aux attentes. Aussi la question du maintien des stimuli exceptionnels se lit-elle sur toutes les lèvres.
Selon Allianz Global Investors France, le FED serait en train de réduire ses facilités de prêts et de mettre fin à un certain nombre de dispositions non conventionnelles, comme la garantie aux
fonds monétaires et les rachats d'obligations du Trésor pour un montant de 300 milliards. Néanmoins, la banque centrale américaine va poursuivre ses achats de MBS jusqu'à la fin du mois de mars
2010, avec comme objectif d'en accumuler jusqu'à 1 250 milliards.
En fin de compte, les intervenants des marchés financiers ont une vue assez précise du calendrier d'extinction de la plupart de ces mesures. En effet, les marchés s'attendent d'ici fin juin à ce
que la Fed relève ses taux de 0,25 à 0,75% et que la BCE passe de 1 à 1,25%. Si la conjoncture américaine continue de s'améliorer dans les prochains trimestres, la Fed n'aura d'autre choix que de
sortir de sa politique de taux zéro au cours du second semestre 2010 et d'en gérer les risques. La BCE, de son côté, actuellement à 1 %, pourra se permettre d'attendre 2011.
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